Présentation

  • : Observatoire de l'observatrice
  • alithia.une.mite
  • : Vie perso / Journal intime
  • : Rousseau contre Gargamel... Non je ne me prends pas pour Rousseau, mais Alithia se prend pour Socrate alors qu'elle rappelle plutôt Gargamel. Puisque je crois aux vertus de l'éducation et comme je crois plutôt en l'humanité (par pur pragmatisme à vrai dire), un commentateur d'Alithia a cru bon de me comparer au "grand homme", Jean-Jacques Rousseau, en sous-entendant que je ne pouvais évidemment pas en avoir conscience ni comprendre les raisons d'un tel rapprochement, illettré que je suis.
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Derniers Commentaires

Publicité

Wikipédia

Mercredi 29 avril 2009
Par manque de temps, je démissionne de mes fonctions d'administrateur sur Wikipédia.
Je m'explique en détails ici : http://www.hyperbate.com/dernier/?p=5554 
Je ne pense pas que tous les admins "fantômes" doivent démissionner, mais dans mon cas personnel ça me semblait évident. 
Par Jean-no
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 13 septembre 2008
(En rapport avec l'article : http://wikipedia.un.mythe.over-blog.com/article-22726408.html)

Je crois que ce qui fait qu'Alithia et moi ne nous comprendrons jamais, c'est que nous avons une approche opposée de la pédagogie. Je ne parle pas de nos pratiques respectives d'enseignants (ça a sans doute un rapport, mais eh, je ne suis pas dans sa salle de classe pour pouvoir le dire) mais bien de la manière que nous avons l'un et l'autre d'aborder l'intelligence d'autrui.
Depuis des siècles, deux approches différentes de la pédagogie de l'enfant s'affrontent.
Il y a d'un côté l'école des curés, basée sur l'autorité, la discipline, le par coeur, la vérité révélée, assénée, et une exigence d'excellence toute aussi rigide. L'école de Jaurès en est directement héritière, avec une religion concurrente à vendre - celle de la république - mais le principe est le même.
En face, il y a Comenius, Rousseau, Montessori, etc., qui considèrent comme les précédents que la formation (au sens noble, pas au sens "j'ai pris un congé de formation") de l'individu est utile à la société entière, mais qui ne voient en revanche pas l'individu comme une sorte d'ennemi qu'il faudrait cadrer, éduquer, dresser, contre ce qu'on suppose être son instinct et sa bêtise.
Pour mes maîtres en pédagogie, une personne (pas seulement un enfant bien sûr) doit prendre part à sa propre éducation, le pédagogue est plus un accompagnateur bienveillant qu'un contremaître.
La différence entre ces deux approches, c'est le pari de l'intelligence, laisser chacun apprendre à son rythme et en fonction de lui-même, en se trompant, en corrigeant ses erreurs en étant tantôt celui qui apprend et tantôt celui qui enseigne, et non seulement le dernier maillon d'une hiérarchie autoritaire.
Il y a aussi une approche différente de l'excellence. D'un côté, il y a le projet de permettre à chacun d'être meilleur, et de l'autre, le projet d'écrèmer, année après année, d'envoyer des milliers de gamins sur le carreau avec comme but final d'obtenir quelques normaliens, x et autres. Faut-il éduquer tous les citoyens ou utiliser chacun comme faire-valoir pour des super-citoyens appelés à devenir dirigeants de grandes entreprises ou hauts fonctionnaires ? Pour moi le choix est clair.

<digression> En France, l'approche autoritaire est nettement favorisée par la l'éducation nationale qui donne la part belle à l'école publique républicaine et à l'école privée catholique - qui se ressemblent beaucoup, malgré les apparences et qui sont concurrentes comme le sont, par exemple Carrefour et Auchan : mêmes pratiques, mêmes buts, mais pas au profit des mêmes - et empêche plus ou moins l'existence de pédagogies expérimentales, refusant de les mettre sous contrat : celles qui existent sont donc hors-de-prix  et sont même parfois des émanations de sectes. Si la motivation de l'état était l'éducation, il en irait autrement puisque les écoles qui ont une pédagogie respectueuse de l'enfant ont de bien meilleurs résultats, au point que ceux qui en sortent à la fin de l'école primaire peinent à s'intégrer du fait même de l'avance qu'ils ont prise (c'est ce qui ressort des témoignages que j'en ai eu en tout cas). Par ailleurs ce sont souvent aussi de bonnes écoles pour les enfants dont l'éducation nationale ne sait que faire, comme les handicapés mentaux. </digression>

Bon, revenons à nos moutons.
Alithia considère qu'il existe une caste de gens qui ont le droit de décider de ce qu'est le savoir, de ce qui doit être censuré, de ce qui doit être enseigné. Cette caste a le droit d'exercer son esprit critique, car elle est armée pour cela...
Un fameux proverbe dit qu'il vaut mieux apprendre au pauvre à pêcher que de lui donner du poisson. Pour moi il en va ainsi de l'esprit critique : il vaut mieux apprendre à chacun comment on cherche la vérité et comment on exerce son esprit critique plutôt que d'imposer des vérités même très éprouvées (grands principes républicains et moraux divers) qui peuvent d'ailleurs se révéler erronnées en l'absence d'un droit à la contestation (typiquement, la psychanalyse, surprotégée par les philosophes, n'a pas le droit d'être mise en cause et il en résulte qu'elle régresse et se détache de la science).
Ce n'est pas de l'irresponsabilité, c'est le contraire, car de même que le pauvre-à-qui-on-n'a-pas-appris-à-pêcher sera désemparé le jour où on ne lui apportera plus de poisson, celui à qui on a refusé la pensée individuelle risque de devenir bien dangereux le jour où l'on n'aura plus rien à lui imposer. Il prendra ses ordres du premier venu, habitué à obéir, il se soumettra au curé ou au fasciste.
Mon approche personnelle de Wikipédia est que justement cette encyclopédie permet une pédagogie de l'esprit critique, pour ceux qui y participent évidemment, et pour ceux qui la consultent et qui savent généralement que ses informations doivent être lues attentivement et recoupées avec d'autres sources. Je ne m'intéresse du reste pas tellement au corpus final de Wikipédia (de plus en plus honorable cependant), c'est le processus qui me passionne. Et pas le processus social (coopération, engueulades) mais le processus d'apprentissage, au niveau de chaque contributeur : se documenter, rédiger, synthétiser.

Mon approche du savoir - qui s'acquiert, que l'on s'approprie, que l'on questionne - est opposé à l'approche qu'en a Alithia pour qui le savoir se dispense, se reçoit sans résistance, comme une ostie : bouche ouverte et yeux fermés (fume, c'est du belge ajouterait un taquin que je connais).

Le fait que les autres apprennent à réfléchir par eux-mêmes ne m'a jamais donné le vertige. C'est à vrai dire le contraire qui m'angoisse.
Par Jean-no
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 14 août 2008
Dans son dernier article, baptisée "Wikipédia résumée par un de ses sectateurs", Alithia disserte sur des extraits de mes commentaires postés sur le site Le Pharisien libéré. 
Si l'on fait abstraction du ton agressif, Alithia évoque pour une fois une question de fond. Dans le cadre de ma "riposte proportionnée", je peux lui répliquer, une fois n'est pas coutume, sur le fond. Je lui ai d'ailleurs posté une modeste réponse, tout en étant intimement persuadé que je ne serais pas publié, ce sur quoi je ne me suis pas trompé. Je réponds donc ici même.
Glissons donc sur l'agressivité rageuse (je suis qualifié de membre d'une secte, toujours charmant - à ce sujet et à toutes fins utiles, je rappellerai que j'exprime mon opinion et celle de personne d'autre) pour nous pencher sur le sujet, celui de l'élitisme et de la culture pour tous.
Commençons par la fin.
En concluant son billet, Alithia écrit ceci :

En revanche, wikipedia participe de la destruction de la culture , tendance lourde de la période actuelle.


Cette remarque m'interpelle puisque la destruction de la culture est à mon avis aussi une tendance lourde d'aujourd'hui, je le constate et je le déplore régulièrement, et justement, toute mon activité autour de Wikipédia est une réponse à cette tendance. Car Wikipédia n'est pas une encyclopédie totalitaire qui entendrait remplacer tous les dictionnaires du monde, c'est au contraire une porte vers la culture, à plusieurs niveaux, qui se montre tellement respectueuse du principe des sources (wikipédia ne doit pas être une source primaire) qu'elle donne des bouffées d'angoisse aux spécialistes, notamment les vrais (il y a aussi tout un tas de gens qui se considèrent comme spécialistes, mais c'est un autre problème). La première chose qu'oublient les détracteurs de Wikipédia, c'est que l'encyclopédie contributive est une encyclopédie de plus, elle s'ajoute aux ouvrages de référence préexistants qu'elle n'entend aucunement les remplacer.
Ensuite, Wikipédia est un formidable outil d'apprentissage pour ceux qui y contribuent. Aller chercher des informations, les compiler, les synthétiser pour créer ou améliorer des articles, tout ça est certes bien moins considéré que de produire de profondes analyses, mais c'est pourtant une activité culturelle qui n'a rien de ridicule ou d'inutile.
Le fait que des milliers de gens, de tous les pays, avec leurs moyens, dépensent leur temps pour édifier de manière presque annonyme une encyclopédie me semble à l'opposé d'une destruction de la culture. J'y vois tout au contraire une résistance à la destruction de la culture.
Je ne comprends pas en quoi une encyclopédie supplémentaire pourraît être une mauvaise nouvelle. Je ne comprends pas en quoi le fait que le public prenne en mains le savoir peut être une mauvaise nouvelle. D'autant que dans le "dogme" wikipédien, il n'y a pas d'ambiguité quand au type de savoir que Wikipédia entend édifier, il s'agit de collecter et d'organiser des informations, rien de plus, et certainement pas de confier l'autorité du savant à n'importe qui. Le fameux projet Knol, de Google, est plus ambigü sur ce point, puisqu'il laisse au visiteur du site le soin de décider si l'article est bon ou pas.
Pour moi, Wikipédia est comme le jardin que chacun cultive chez lui : ces jardins ne feront pas négliger le Jardin Massey de  Tarbes (mon jardin publc de référence) ou les créations de Le Nôtre. Et alors ? Cela n'a jamais été le but. En revanche l'ensemble des jardins "de particuliers" bien tenus ont d'autres vertus, ils apportent à leur manière beaucoup aux lieux où ils se trouvent.  Ils peuvent même contenir des éléments originaux qui inspireront le grand paysagiste, allez savoir, comme la cuisine des mamans inspire les grands chefs.
Faut-il dire non aux jardins d'agrément, imposer à leurs propriétaires de disposer d'un diplôme de paysagiste, sous prétexte que mille petits jardins de banlieue sont moins cohérents, moins bien faits, moins parfaits que le jardin de Versailles ? Vous me voyez venir : le chapitre des jardins est facile à régler, puisque l'on voit que le grand ou le petit jardin cohabitent.

Mon jardin, j'y songe subitement, a été dessiné par un  paysagiste qui avait quitté la Hongrie - notre voisin - qui adorait Versailles. Il a créé pour mes parents un petit Versailles de cent mètres carré, avec des allées bien dessinées... L'intention était plaisante  et ambitieuse, le résultat résiste mal au jardinier négligent que je suis mais les visiteurs trouvent l'endroit charmant. Je ne sais pas trop où me mène cette anecdote mais j'avais envie de la raconter.

Alithia pense qu'il doit y avoir des gens accrédités à créer des encyclopédies et d'autres à qui on doit refuser le rôle. Au nom de quoi ? De la culture pour tous ! Du malheureux Jean Vilar (nous y reviendrons).
Pierre Assouline m'a expliqué les yeux dans les yeux, lors d'un débat radiophonique (où je fus piteux comme toujours dans ce genre de traquenard que je m'impose) qu'il y avait des professionnels de la vérité, des professionnels de la connaissance, et qu'il fallait laisser ces gens faire ce qu'ils ont à faire. Circulez, y'a rien à (sa)voir ! On est prié d'avaler l'hostie qui vous est fournie par ceux qui savent, sans chercher soi-même.

Pour moi, l'intérêt majeur de Wikipédia n'a jamais été le résultat. Lorsque les articles sont bien faits, ils sont du niveau de l'encyclopédie Larousse ou de Encarta : les informations qui conviennent à 95% des cas : "qui fut  Gengis Khan ?" ; ""quels étaient les deux fleuves de la Mésopotamie ?"
C'est bien finalement, mais pas plus intéressant que ça, on peut trouver les mêmes choses en biblothèque comme dit Alithia.
Wikipédia est par ailleurs le reflet des centres d'intérêt de ses milliers de créateurs, c'est donc une authentique référence concernant de nombreux domaines de la culture populaire : musique, dessin animé, séries télévisées,...  On me dira que ces sujets sont négligeables, vulgaires, mais une telle appréciation m'indiffère complètement, il n'y a pas de sujet qui ne mérite d'être bien traité.

Au delà du contenu, c'est bien le processus que je trouve intéressant et pédagogique, c'est le fait que, en participant à Wikipédia, on apprend à apprendre. Quelle autre encyclopédie offre ce type de savoir là ?
J'ai une autre métaphore (quittons les jardins), celle de la cathédrale : pour construire ces édifices qu'on admire à présent, il a fallu des milliers de mains presque anonymes (presque car en fait chaque pierre était signée, mais il ne s'agissait pas de revendiquer une oeuvre, juste de comptabiliser la tâche - c'est cependant à ce moment qu'est né la signature d'artiste).
Les gens n'étaient pas tous architectes, pas tous de grands artistes, il y a des morceaux incongrus, parfois de vraies erreurs, mais le résultat est là, grandiose et courageux.  L'oeuvre collective, la prise de possession collective du savoir, c'est possible, ou du moins Wikipédia est un bon moyen pour éprouver la viabilité d'une telle possibilité.

Nous en venons à un autre point qui me semble à soi seul justifier Wikipédia : son caractère expérimental. En quelques années, Wikipédia a accueilli des millions d'articles dans des centaines de langues dont certaines sont orphelines de toute encyclopédie (pour celles-là, me dira-t-on "il y a des bibliothèques" ?). Expérience de travail collaboratif, expérience technique aussi - car le fonctionnement technique de Wikipédia est extrèmement au point -, Wikipédia a apporté matière à réflexion et donne un coup de fouet à de nombreux projets encyclopédiques universitaires car quoi que l'on pense du corpus encyclopédique lui-même, son fonctionnement est très intéressant.

Contrairement à Alithia, j'ignore totalement ce que Jean Vilar aurait pensé de Wikipédia.
En revanche elle tombe mal lorsqu'elle affirme que j'ignore la philosophie de ce monsieur, car je cite souvent sa vision de la culture populaire : "première classe pour tout le monde".
Voir par exemple sur Usenet où, en défendant le principe de la bande dessinée de qualité, j'ai souvent été amené à le citer - de mémoire du reste, car je n'ai jamais retrouvé la phrase exacte.
Le fait que j'y fasse allusion montre je pense que je ne suis pas suspect de vouloir une culture "light" pour le vulgus pecum. Non, la qualité, le Château Cheval-Blanc 1961, le caviar, Mozart, ça devrait être pour tous. N'importe qui peut comprendre un film de Pasolini, de Hitchcock ou de Gus Van Sant, n'importe qui peut regarder un Vermeer ou aimer un Titien. Je dois confesser que j'ai souvent été un ayatolah de la culture élitiste, parce qu'il me semble absurde et presque répugnant d'être intimidé par des ouvrages de valeur et de leur préférer des choses faciles. Mais dans un sens c'est idiot. Le jazz n'a pas détruit Mozart, et mieux, il a eu ses Mozart. Le cinéma n'a pas tué la littérature et il a eu ses Proust. La culture, ce n'est pas seulement la sélection, le bon goût, la hauteur, c'est aussi le foisonnement, l'enthousiasme et l'invention. Et puis quel intérêt est-ce que le savoir a s'il est le jouet d'un petit nombre, une chasse gardée, un endroit où l'on n'entre qu'avec des gants et une cravatte ? Un tel savoir serait plus un moyen d'oppression qu'autre chose.

La seule raison qui peut exister de s'en prendre à une encyclopédie prise en mains par ses lecteurs, c'est la peur de ce qui naîtra de cette liberté, de cette impureté.
Un peu de courage, un peu de sanfg-froid voyons.! Ce n'est pas parce qu'on laisse la "plèbe" goûter au fruit de la connaissance - la connaissance qui est un processus et non un fait - que, demain, tout le monde deviendra "spécialiste", littérateur ou philosophe.
Peut-on se plaindre de la progression de la bêtise tout en éconduisant les moyens qui sont inventés pour contrarier la tendance ? Je trouve ça un peu hypocrite. Je vois bien que de nombreux savants authentiques sont attirés par Wikipédia car ils espèrent y offrir un peu de leur connaissance laborieusement acquise, parfois pour donner un écho à leurs idées, parfois dans le vague espoir de briller (se disant avec une pointe de mépris peut-être qu'au royaume des aveugles...), parfois simplement par envie de partager. Et souvent ils sont éconduits, non parce qu'ils sont trop savants, comme ils le disent ensuite, comme ils le croient parfois sincèrement, non pas parce que Wikipédia est anti-élitiste, mais bien parce qu'ils n'en ont pas compris le rythme, le fonctionnement humain ou cette qualité particulière à l'encyclopédie contributive qui est d'être un processus et non un ouvrage gravé dans le marbre. Wikipédia est un objet vivant, il n'y a pas de raison de le traiter autrement, de le confondre avec Britannicae ou d'invoquer le fantôme de l'encyclopédie de Diderot et de d'Alembert - encyclopédie sur laquelle on fantasme beaucoup, du reste : se rappelle-t-on que Diderot a été pris la main dans le sac à demander à L.J. Goussier de piquer ses illustrations à Réaumur ? Que d'Alembert et Voltaire - et d'autres - ont claqué la porte du projet en cours de route ? Veut-on bien voir que la plupart des articles étaient plutôt mauvais et que seuls les dessins gardent une valeur informative véritable ?

Voilà ma conclusion en tout cas : Wikipédia est bien du côté de la culture pour tous.

Bon, j'écris actuellement sur un écran de 800x480 pixels et je tombe de sommeil. Je publie mon texte malgré tout en espérant qu'il ne contient pas trop de fautes d'orthographe ou de phrases obscures.
Nous verrons cela demain.
Par Jean-no
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 14 août 2008
Sur le blog du pharisien libéré, monsieur pharisien libéré me dit que mon blog (le blog que vous êtes en train de consulter) a été créé non pas pour parler de Wikipédia mais pour m'en prendre à une personne. Ce n'est pas exact. Je réponds à un autre blog, Il est vrai que je ne réponds pas à une argumentation (car quoiqu'en disent ceux qui ont la foi, le blog d'Alithia ne contient pas ou très peu d'argumentation), il répond à des insultes, des grands mots lâchés sans la moindre précaution, et surtout, il me permet de m'exprimer sur ce qui me concerne à titre personnel, puisque c'est le fait d'être pris à partie qui m'a d'abord imposé de répondre et le fait de me voir supprimer toute possibilité de répondre sur le blog d'Alithia qui m'a forcé à le faire ailleurs. Alithia dit que jeter les commentaires (courtois) de ses interlocuteurs est son bon droit, très bien (de même que rien ne force quiconque à être poli), mais il est en retour mon droit de répondre ailleurs, c'est à dire ici.

Je dois bien admettre que le résultat est plus défoulatoire qu'utile. Cependant on ne peut pas me reprocher de ne pas utiliser cette tribune pour défendre Wikipédia, car cela constituerait un mélange des genres assez vaseux... Ce n'est pas le fait que tout le monde n'apprécie pas Wikipédia qui me chagrine, c'est bien la forme que prennent les débats et la hargne des articles de la plus médiatique opposante à l'encyclopédie contributive.
Je le lui ai dit plusieurs fois : je suis pour les débats, je suis pour la liberté de s'exprimer, parce que ce qui peut être dit peut être contredit. Elle croit au contraire à la censure et aux arguments d'autorité.... Nous ne sommes donc plus là dans une affaire qui concerne Wikipédia mais bien dans une vision complètement différente du monde des idées et même, de l'espèce humaine. Je crois en la liberté et en l'éducation, Alithia croit au contrôle et à la censure. Son nom, qui signifie "vérité" en grec, montre bien son incapacité au doute.

Mais les autres ? Les soutiens d'Alithia ? Il y a bien sûr ceux qui ajoutent à ses articles des commentaires caricaturaux... Ceux-là, on a tellement l'impression que c'est Alithia elle-même qui les rédige que ce sont sans doute des taquins qui les écrivent par moquerie.
Par exemple : Bonjour. Votre blog m'a rassurée. Autrefois je lisais d'autres blogs, plus ordinaires, mais celui-ci m'a convaincue. Désormais, je ne me rends plus jamais sur Wikipédia. Et figurez-vous que depuis je n'ai plus de maux de ventre ou de problèmes de sommeil... Et si ça avait un rapport ? ("françoise" le: 12/08/2008 00:19:20)
Mais les autres ? Les gens qui se disent spécialistes de ci ou de ça (Pharisien Libéré, Lustucri,...) et qui se retrouvent objectivement alliés les uns avec les autres ? Cette solidarité les décrédibilise souvent, car le vandale avéré se retrouve défendu par quelqu'un qui n'a jamais cherché à nuire au corpus de Wikipédia et les uns et les autres se trouvent d'accord au nom d'idéologies complètement opposées. Par exemple l'un se plaint que les contributeurs soient trop encadrés, censurés, quand l'autre se plaint qu'ils ne le sont pas assez à son goût. Alithia fédère facilement ces personnes diverses car elle n'a pas peur de se contredir, un peu à la manière Sarkozy ou de l'horoscope, elle dit A et non-A laissant à  celui qui a besoin de voir son opinion exister croire que c'est à lui qu'on parle, hors de toute logique. Le mouton que tu veux est dans la boite. Par exemple (restons sur la censure) lorsqu'Alithia se plaint tout à la fois du trop-plein de liberté des contributeurs en déplore en même temps que de la censure dont ils font, à l'en croire, l'objet. Ou lorsqu'elle fustige Wikipédia et son idéologie "web 2.0" et l'importance que lui donne Google ut en plaçant sur un piédestal Knol (l'encyclopédie de Google) qui a tous les défauts du web 2.0 et pratique le relativisme culturel.

Tous ces gens qui ne se remettent pas d'avoir été bannis, qui tentent un peu piteusement de défendre leur honneur perdu ("non je n'étais pas un faux nez de moi même, d'ailleurs il était techniquement impossible de le prouver alors comment avez-vous pu le savoir ?", "oui j'étais bien cinq personnes distinctes, la preuve, je fais un blog à cinq voix", "je suis victime d'une erreur judiciaire, c'est mon petit neveu qui a rédigé cet article", etc.), semblent plus aigris qu'autre chose. Il y a des points qu'ils n'ont pas réglé avec Wikipédia, une blessure d'amour-propre,... Ils en font des blogs, ou même des wikis (la fameuse et tristement inamusante "désencyclopédie" est bien souvent le repaire des exclus de Wikipédia, de même que la burlesque "conservapedia"), ils restent bien souvent bloqués sur un point précis - le check user, l'administrateur x qui leur a mal parlé, ou leurs éternels retours éternellement infructueux - mais ils n'aident pas grand monde.
Certains, plutôt positifs, font la liste de ce qui manque à Wikipédia (bien souvent, ils trouvent que c'est eux et leur savoir formidable qui font défaut...), et d'autres ont un discours plus radical, ils veulent que l'animal meure, ils ne le disent pas ainsi mais ils ne lui trouvent aucune vertu et l'accusent de toutes les dérives, de dévoyer nos chères tête blondes, de provoquer la décadence du pays, de la culture, pfff...

Cela pose un vrai problème, qui est que Wikipédia engendre son lot de déceptions et de frustrations.
J'ai plusieurs collègues par exemple qui m'ont dit des choses telles que : "ton wikipédia... j'ai voulu corriger un truc, on me l'a effacé tout de suite...". Chaque fois ce n'était pas le fond qui était problématique mais la forme. Malgré certaines précautions (riposte progressive et graduée), le contact de certains avec Wikipédia s'avère parfois brutal et traumatisant, d'autant qu'il semble à certains inconcevable d'être "banni" après des mois de contributions alors que Wikipédia est par ailleurs ouverte aux inconnus. Le conseil "ne mordez pas les nouveaux" devrait être assorti de "ni les anciens".
Par Jean-no
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 28 février 2008
On dit souvent que Wikipédia est ceci ou cela : féministe ou machiste, anti-démocratique ou démocratique, islamiste ou ultra-catho, etc.
J'essaie de constituer la liste de ces griefs sur cette page.
Si vous avez des idées supplémentaires (et des citations précises), n'hésitez pas à les mettre en commentaire de cet article.
Par Jean-no
Ecrire un commentaire - Voir les 37 commentaires - Recommander
Lundi 25 février 2008
Alithia s'en prend à ma pomme, une fois de plus...  En attendant que je me décide à demander un droit de réponse général à son hébergeur par voie judiciaire - ce qui finira par arriver, car le fait de ne pas pouvoir fournir mes arguments sur son blog à elle me rend dingue -, je suis condamné à répondre ici.
--
Ce dont il est question : un dénommé Antoine S. s'est plaint qu'un utilisateur de Wikipédia a créé un compte utilisateur à son nom, et considère que ce compte a été créé pour lui nuire, notamment parce qu'il y est fait mention d'un goût pronnoncé pour la pornographie.
Pour cette raison, la page en question a été blanchie (par une administratrice, donc d'une manière officielle) et un message a été laissé au titulaire du compte en question.
Mais le dénommé Antoine S. demandait aussi qu'on le laisse utiliser ce compte (qu'on lui fournisse le mot de passe) s'il n'était pas possible de le supprimer (je cite : N'est-il pas possible de le supprimer? Ou sinon au moins de me donner les identifiants et mot de passe pour le compte d'utilisateur Antoine S? Comme ca je serai seul a pouvoir contribuer sous mon identite). Plus tard il se contentera de demander la suppression de l'historique des modifications.
Je comprends personnellement bien le problème, mais il me semble délicat de procéder à ce genre d'action, car il peut tout à fait s'agir d'un homonyme, le patronyme en question n'étant en fait pas rare du tout dans l'est de la France et ayant quelques occurences dans la région de Rennes (où le titulaire du compte affirme effectuer ses études). J'ignore si le "plaignant" (je mets des guillemets car Wikipédia n'est pas une instance judiciaire !) est lui aussi rennais (je lui ai demandé). Il affirme que la date de création du compte est la date de son anniversaire. S'il s'agit bien d'un canular et d'une usurpation d'identité, elle est sophistiquée, car pour créer un compte à une date précise, il faut attendre cette date et créer le compte.

Bref, s'il est important d'empêcher la création de comptes destinés à nuire à des personnes (il s'en crée chaque jour, avec des noms tels que "machin est un sale...", "bidule est un...", et ils sont supprimés), il n'ne me semble pas pour autant possible de supprimer un compte-utilisateur sans preuve manifeste de son utilisation délictueuse, diffamatoire, etc. : le contenu problématique a été supprimé et il me semble normal d'attendre que le titulaire du compte s'exprime avant de le supprimer !
Je comprends que tout le monde ne soit pas d'accord avec mon point de vue, mais de là à ce qu'Alithia en fasse un article,...



Par Jean-no
Ecrire un commentaire - Voir les 53 commentaires - Recommander
Samedi 15 décembre 2007
Les détracteurs de Wikipédia accusent souvent Google de donner trop de poids à l'encyclopédie "libre". Mais voilà que Google annonce, et c'était prévisible, le lancement d'une encyclopédie en ligne qui se nommera "knol" (de "knowledege" - savoir).
Concurrent direct de Wikipédia, Knol s'en démarque officiellement sur un point : les articles seront rédigés par des spécialistes. Quels spécialistes ? Comment seront-ils recrutés, aucune idée. Google explique en tout cas que ses auteurs seront libres de leur propos et refuse au passage le statut d'éditeur (responsable).
Pour ma part je note trois autres différences à mon avis plus importantes :

  • - la présence de publicités
  • - le fait que le contenu ne soit pas soumis à une licence "libre" (peut-être l'est-il, mais ça n'est pas mis en avant)
  • - la présence dans chaque article d'horripilantes petites étoiles servant à voter : avez-vous aimé cet article sur le théorème de Pythagore, sur la Shoah, sur les colonies, sur le parti politique dont vous êtes adhérent, sur celui dont le voisin que vous détestez soutenez ? Oui ? Non ?... On ne nous dit pas ce que signifient ces votes : font-il reculer le google rank de l'article ? Modifie-t-il le prix de la pub ? Ce n'est pas dit.
Attendons de voir. Mais je ne pense pas que Google tienne vraiment le "Wkipédia Killer" que certains annoncent. Les duels se succèdent mais Wikipédia semble toujours tenir le coup.


----
Mise à jour : Contrairement à ce que je dis plus haut, il semble que "knol" soit prévu pour être soumis à la licence libre CC-BY 3.0 Unported.
Par Jean-no
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Mercredi 5 décembre 2007
Dans un de ses récents articles, Alithia s'afflige du niveau des jeunes français en lecture, niveau dont la baisse a été pointée par une étude internationale.
Elle avertit :  "ce n'est pas Wikipédia qui y remédiera".

Tout ça est gentil, mais il faut rappeler trois faits :
  • - Wikipédia n'existe que depuis six ans et n'a une importance véritable sur Internet que depuis deux à trois ans
  • - Bien qu'elle patisse sans aucun doute de nombreux problèmes externes, l'éducation nationale est bien la machine qui sert à enseigner en France, les enfants passent plus de temps assis à leurs pupitres d'école que leurs parents ne passent de temps au bureau ou à l'usine. Et j'ai du mal à imaginer qu'ils passent plus de temps sur Wikipédia qu'à l'école. Du coup, j'ai peur que l'on soit plus en droit de demander des comptes à l'éducation nationale qu'à  wikipédia quand au niveau scolaire des français. Et c'est d'autant plus vrai que la situation diffère selon que les élèves sont issus de l'éducation nationale ou de l'école privée. En tant que prof, Alithia pourraît aussi se poser des question - pas le genre, je sais.
  • - D'ailleurs Wikipédia existe AUSSI dans les pays mieux classés que la France en matière d'éducation : Finlande et autres. 
Pour finir, une encyclopédie comme Wikipédia, qui n'est pas seulement destinée à apporter du savoir mais permet aussi à ceux qui y participent de s'entraîner à la rédaction ou à la documentation peut difficilement être l'ennemie du savoir et de la lecture. Et je ne parle pas du Wiktionnaire, dictionnaire de la langue française qui vient de dépasser les 600 000 articles. C'est aussi un projet émanant de la fondation Wikimedia.
Bref, encore un mauvais procès.
Par Jean-no
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 2 décembre 2007
Au delà des procès d'intentions divers (relativisme culturel, irresponsabilité, incompétence), quels sont les véritables défauts du système ? Quels sont les inconvénients qui apparaissent à l'usage ?
J'essaie de compiler quelques points problématiques ici, la liste n'est pas fermée.

-1- Le syndrôme du cheveu sur la soupe

Je viens d'apprendre un détail intéressant, piquant, sur un cinéaste des années 30 en lisant l'Histoire du cinéma mondial de Georges Sadoul, référence des références s'il en existe sur le sujet. Sans quitter mon siège je cours voir si l'article de Wikipédia consacré au films musicaux mentionne ce que j'ai découvert... Non... Je m'offre donc la grande fierté d'insérer (à la va-vite) une ligne qui raconte ce que je brûlais de transmettre. L'information, dans le cas, c'est que le début du Fantasia de Disney est en fait piqué à un cinéaste d'avant-garde allemand - qui au moment de la sortie de Fantasia mourrait sur le front russe - après avoir été un cinéaste officiel du régime nazi mais c'est une autre histoire.
Trop heureux de l'exclusivité de mon information, ai-je vraiment relu l'article entier pour déterminer où ajouter l'anecdote que je voulais ajouter ?  Un article qui se construit par micro-ajouts manque facilement d'unité, et pire, un bon plan de départ peut être ruiné par de tels ajouts "discrets" comme on dit en logique.

-2- le syndrôme de la pelotte de cheveux sur la soupe

L'accumulation des ajouts "discrets" peut aboutir à des redondances un peu ridicules. Imaginons par exemple que trois personnes distinctes viennent chacune dire sur une biographie un fait "controversé" ou devenu criminel au regard de l'histoire (l'amitié de Hergé pour Léon Degrelle, l'enthousiasme de tel intellectuel pour la Révolution Culturelle Maoïste, l'antisémitisme de Voltaire, le défaussement parental de Rousseau...) et que chacune le fasse pour une raison personnelle différente (informer ; justifier/excuser ; juger), il est possible qu'ils le fassent à des endroits différents de l'article, sans tenir compte les uns des autres, voire même en évitant le conflit, chacun donnant en quelque sorte son avis dans son coin. On n'aura aucune peine à se figurer l'état lamentable dans lequel se trouve un article qui subit ce traitement. En théorie, la neutralité de point de vue, principe fondateur de Wikipédia, règle le problème, puisque les faits seuls doivent être évoqués. Par exemple on peut expliquer comment Rousseau a abandonné ses enfants, la justification qu'il en fait, la justification que d'autres en ont fait, la condamnation qu'en ont fait telle, telle et telle personne, la réaction des premiers lecteurs de Confessions, etc.  
Mais c'est la théorie. Dans la pratique, la disparité des ajouts commence par abimer l'article. Il faut ensuite qu'un volontaire retrousse ses manches et reprenne l'article depuis le début pour lui redonner la cohérence qu'il a perdue. C'est à mon avis le point sur lequel le travail des wikipédiens est le plus difficile, et donc, mécaniquement, le plus rarement fait et bien fait. D'autant que des questions d'égo entrent parfois en jeu, l'auteur du "premier jet" d'un article étant parfois vexé de voir son plan repris à zéro, et l'auteur de la correction n'osant pas supprimer certaines informations, certaines formules, par peur de froisser quelqu'un : Wikipédia est un projet communautaire et ces questions en découlent naturellement.

-3- Le syndrôme du plafond

Il arrive que, pour éviter des problèmes entre personnes, un même article se développe dans plusieurs sens opposés en même temps. Lorsque des informations sont véritablement contradictoires, il peut arriver que les adversaires s'accordent tacitement pour éviter une question qui fâche. Ce status quo, souvent consécutif à l'état d'épuisement des adversaires sur un article est tout à fait domageable à la qualité et à la lisibilité dudit article, évidemment.

-4- Le grignotage

Lorsqu'un article contient des faits signifiants mais qui correspondent à une vérité difficilement acceptable par certains, il n'est pas rare de voir l'article modifié par petites touches discrètes. Je me rappelle de l'article sur "Le choc du mois", journal nettement d'extrème droite dont un des trois fondateurs (Marc Dem) avait écrit dans ses essais que les juifs étaient d'origine extra-terrestre. Les informations dispensées par l'article étaient exactes (Marc Dem a bien écrit que les juifs étaient extra-terrestres et Le Choc du Mois est bien d'extrème-droite), mais les sympathisants de l'extrème-droite récusent le nom auquel ils préfèrent souvent "droite nationale", moins connoté ; apparemment ils n'aiment pas non plus penser qu'un des fondateurs de ce journal ait été un "ufologue". Avec le temps, la mention d'extrème-droite a été conservée (après de nombreux aller-retours) tandis que la qualité d' "ufologue" de Marc Dem a finalement disparu. Je ne sais pas pourquoi dans le détail, mais je suppose que cela découle du principe de pertinence : si un point Y concerne une personne X elle même en rapport avec un fait Z, il est généralement conseillé de parler du point Y dans l'article X et non dans l'article Z. C'est pas clair comme formulation hein. Cela signifie que, en général, il vaut mieux parler de la qualité d'ufologue xénophobe (je suppose qu'on peut qualifier ainsi une personne qui considère qu'une partie des habitants de la terre est d'origine extra-terrestre ?) de Marc Dem dans l'article qui est consacré à Marc Dem que dans l'article "Le choc du mois" dont Marc Dem est co-fondateur. À moins que l'on pense qu'il y a un lien intéressant à établir entre "le choc du moi" et la paranoïa xénophobe la plus délirante, mais ce lien sera jugé "intéressant" par les uns, "anecdotique" par d'autres et nettement "tendancieux" par les derniers. Si l'on veut être un minimum impartial, la question n'a rien de facile.

-5- La compétence

L'impartialité conduit parfois à se conduire d'une manière qui défie l'entendement.
Prennons l'article sur la Corée du Nord par exemple. Tout le monde pense du mal de Kim Jong Il et de son régime orwellien, des famines abominables, de l'absence d'une pensée libre, etc.
Mais aucun de nous ne s'est rendu en Corée du Nord. Les sources connues sur le sujet sont même rares, nous devons prendre pour argent comptant des accusations généralement de seconde main, ou bien nous contenter des sources officielles qui présentent le pays comme une réalisation parfaite. En réalité l'information la plus signifiante sur le sujet est sans doute le fait que les rares touristes qui se rendent en Corée du Nord doivent jurer qu'ils ne sont pas journalistes, l'absence d'informations, de statistiques ou les contradictions profondes qui naissent de certaines juxtapositions de chiffres. Mais en parler de cette manière sur Wikipédia, sans le soutien d'études, d'articles, revient vite à tomber dans le "travail inédit" et l'opinion personnelle. Pour tout arranger, le seul contributeur à cet article qui connaisse réellement le sujet (et qui se soit rendu en Corée du Nord) soutient nettement le régime de Pyongyang. Sous son impulsion, toute affirmation impossible à prouver est supprimée, et les euphémismes officiels sont repris (de mémoire, l'article contenait quelque chose comme : "le régime a porté ses efforts en priorité sur l'égalité entre les coréens plutôt que sur les droits de l'homme"), enfin bref, malgré l'opinion de 99,99% des wikipédiens, l'article de Wikipédia est souvent d'une tendresse consternante vis-à-vis de la pire dictature du monde. C'est autant pour ceux qui croient que l'information dispensée sur Wikipédia est une information "démocratique" c'est à dire décidée en suivant l'opinion du nombre et non la compétence.
En général, en effet, la compétence la plus grande (fut-elle au service de buts douteux) obtient gain de cause, pourvu qu'elle s'exprime de manière civilisée. Nous tombons là dans un paradoxe de la recherche de vérité : comment s'en tenir aux sources lorsque celles-ci n'existent pas réellement ?
Le même problème se pose avec les mouvements sectaires.

-6- La duplicité

Certains contributeurs à Wikipédia ne viennent pas spécialement pour y aider la connaissance et la vérité à progresser. Chacun de nous, chaque contributeur a ses lubies, ses vaches sacrées, ses tabous,... Et agit en conséquence, en se montrant parfois de mauvaise foi, parfois sentimentalement attaché à tel ou tel détail. Cela touche des sujets tels que la religion et la politique, mais pas exclusivement.
Mais certains ne viennent pas à Wikipédia avec le coeur pur. Je prends pour exemple l'article consacré à l'église de Scientologie, sur lequel en permanence est "placé" un contributeur qui ôte sciemment toute substance à l'article. Ce contributeur n'est pas toujours le même, il semble que dès qu'un "soldat" faillit, ne sait plus quoi répondre aux taquineries de certains, il finit par être remplacé par un autre. Je pense en tout cas avoir identifié trois scientologues successifs sur l'article. Le dernier en date tente vaguement, sur sa page d'utilisateur, de faire croire qu'il s'intéresse à divers sujets (musique, etc.), histoire de se rendre sympathique, mais l'analyse de ses contributions est éloquente : 100% des modifications qu'il effectue concernent l'église de scientologie, la dianétique, Lafayette Ron Hubbard et sujets voisins. Ses contributions se bornent à effacer, petit à petit, les références déplaisantes, et à en ajouter de peu signifiantes, à porter le doute sur certains documents, etc., etc. L'activité extrèmement régulière et l'engagement total de l'individu sont soutenus par la méfiance d'un bon nombre d'utilisateurs "neutres" vis-à-vis des sources officielles telles que la Mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires, la justice, la police, etc.
Le bon soldat de l'église de scientologie essaie par ailleurs régulièrement d'ôter le bandeau de "controverse de neutralité" qui est accroché en haut de l'article.
Une fois de plus, le calme et la patience dont font preuve les utilisateurs "engagés", et je dirais même "en poste", finit par leur laisser plus ou moins la maîtrise du traitement de leur sujet sur Wikipédia.
Je ne dis pas que cette situation me plait, mais on peut la constater souvent. J'ai cité la Scientologie, je pourrais parler de la Rose-Croix (dont le "permanent" sur Wikipédia annonce sur sa page de discussion qu'il est passionné de "mangas" - à mon avis un bel exemple de démagogie pour s'attirer la sympathie de certains wikipédiens), des Témoins de Jéhovah et d'autres.

Bon, c'est tout pour aujourd'hui.
Comme on le voit, il y a de nombreux cas où l'encyclopédie, de par son fonctionnement, ne se dirige pas vers la qualité. Mais ce n'est pas bien grave, cela constitue juste des ajustements à effectuer, des problèmes à régler, ce qui est le sport favori des wikipédiens.
Par Jean-no
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Samedi 1 décembre 2007
Il existe une autre élite que l'élite intellectuelle disais-je.
Il existe en effet l'élite au sens du petit nombre qui dispose d'un pouvoir financier, politique ou symbolique, voire tout ça à la fois. Cette élite peut être issue de l'élite intellectuelle, mais ça n'est pas une fatalité et réciproquement. Un journal comme Le Monde par exemple, qui possède l'aura de "journal de référence" constitue une forme d'élite : les politiques et les universitaires se battent pour y publier des tribunes bien que ceux qui font Le Monde ne soient pas nécéssairement des universitaires ou des politiques. Y être mentionné est l'assurance d'être d'une manière ou d'une autre un sujet respectable, d'exister - car Le Monde est à la fois très lu (moins que Le Parisien ou L'Équipe mais plus que Le Figaro et Libération), diffusé nationalement et internationalement, mais en même temps considéré comme un support sérieux : tous les journalistes lisent Le Monde. Si Le Canard Enchaîné débusque un scandale politique, financier, note une petite phrase, etc., ça fera sans doute du bruit, mais pour que ce bruit deviennet important, que l'affaire soit considérée, il faudra qu'elle passe dans Le Monde, notamment s'il s'agit d'une affaire incompréhensible ou trop technique. Dans le cas d'une affaire simple à expliquer, le journal télévisé, malgré la faiblesse de la qualité des analyses qu'il s'autorise à produire, est encore le média le plus puissant et le plus influent, au point qu'il est aussi celui qui bénéficie de la plus grande impunité - impunité due au fait notamment qu'il s'abrite généralement derrière un autre média : "selon notre confrère Le Monde...", "selon la veuve de... ", mais aussi du au fait qu'il fonctionne comme un flux que rien ne saurait interrompre, que personne n'ose contrarier, eu égard notamment aux considérations économiques en jeu. Du coup la télévision ne permet presque jamais de "droit de réponse" et ne s'astreint à aucune forme de rectifications/corrections. Mais cela est un autre débat.
Je parle beaucoup du Monde car ce journal emblématique fait régulièrement preuve d'une certaine hostilité vis à vis de Wikipédia : les écrits de Pierre Assouline et de Francis Marmande, l'article étrange qui a suivi le résultat du procès en diffamation, la révélation, par le biais d'une filliale (la société de presse gratuite régionale) d'un fait délictueux,... Cet acharnement (tempéré par les billets de Francis Pisani) est assez étonnant.

L'élite journalistique n'aime pas beaucoup Wikipédia, dont le modèle de fonctionnement, et notamment le modèle économique (jusqu'ici, un refus total de la compromission), est trop bizarre. Une fois quelques sujets "bienveillants" faciles épuisés (une présidente française,...), certains passent à l'attaque. Ils cherchent des poux à Wikimédia et Wikipédia en feignant de découvrir ce que la logique la plus élémentaire permettait de déduire des principes techniques de fonctionnement de l'encyclopédie en ligne : si n'importe qui peut effectuer une modification, il est évident que des dérives ou des détournements du projet puissent avoir lieu régulièrement : insultes, diffamation,... Les questions "graves", telles que les annonces prématurées de décès, les calomnies en dessous de la ceinture, constituent un pain béni pour ceux  qui cherchent à rendre Wikipédia suspecte. Imaginez le plaisir qu'ils prendront à voir dévoilée une anomalie de 100 euros ou une note de frais d'intérêt discutable dans la comptabilité de Wikimédia !
Ces gens ne sont pas organisés, il ne s'agit pas d'un complot (en démocratie, un journaliste est persuadé d'être libre de ses écrits), mais à mon avis de l'envie inconsciente de voir la fondation Wikimedia aculée, à force de procès, à "faire comme tout le monde", c'est à dire à rapporter de l'argent et pas seulement à en coûter, histoire de fournir une preuve supplémentaire du fait que la corruption, la compromission, est la seule voie raisonnable.
Les alcooliques font pareil : ils font en sorte que les autres plongent, car l'image d'eux-mêmes que leur renvoie ceux qui ne partagent pas leur vice les désespère.

Voilà où je voulais en venir. Une certaine élite, l'élite la moins légitime à mon humble avis, celle que constitue la presse, n'aime pas trop wikipédia - tout en l'utilisant :  on a déjà vu des nécrologies de journaux "de référence" grossièrement décalquées - même plan, formules à peine différentes - sur des articles issus de Wikipédia.

Mais les Wikipédiens n'aiment pas énormément la presse eux-mêmes : emphase, écriture familière, stylisme, généralisation des cas particuliers,... Tout ce qui fait le langage journalistique est honni sur Wikipédia. Un bon article de Wikipédia est justement dépouillé de toute trace de journalistose.
Plusieurs Wikipédiens ont déjà fait remarquer que le travail qu'ils effectuaient sur le corpus encyclopédique avait même complètement modifié leur vision des médias d'information (notamment télé) : imprécision, formules vagues, affirmations gratuites, non sourcées,...

Bref, il est bien possible que toutes les formes d'élite ne soient pas amies de Wikipédia, et réciproquement._bug_fck
Par Jean-no
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus